Face à la douleur

Les aides-soignantes en première ligne face à la douleur 

La prise en charge de la douleur, qu’elle soit physique ou mentale, n’est pas l’apanage du médecin et de l’infirmière. Au plus proche du lit du patient, les aides-soignantes jouent un rôle non négligeable, sur lequel sont revenues les Assises nationales des associations d’AS, organisées les 12 et 13 juin, à Marne-la-Vallée (77).

« L’aide-soignante est la première que le patient voit le matin, celle qui l’aide à se laver, à manger et qui se déplace quand il sonne. Ce n’est pas rien », a observé Leila Benhaouri, psychologue clinicienne du travail. Au service de gynécologie-obstétrique du centre hospitalier intercommunal de Poissy-Saint-Germain (78), cette proximité est largement mise à profit. « Aux urgences, ce sont les aides-soignantes qui accueillent les patients, relève le Pr Arnaud Fauconnier, responsable du service. Elles ont un rôle de tri et d’alerte, en lieu et place d’une infirmière d’accueil et d’orientation, et elles le font très bien. » Outre la prise des constantes, les soignantes procèdent à l’auto-évaluation de la douleur des patientes dès leur arrivée, à l’aide d’une échelle numérique.

Une écoute bienveillante

En salle de naissance, elles ont un rôle « d’écoute bienveillante et empathique ». Il s’agit de rassurer et d’expliquer aux parturientes ces douleurs « normales ». En post-opératoire, alors que les douleurs peuvent être signes de complications, le gynécologue encourage les soignantes à ne pas rester passives. « Ne vous dites pas  » moi je suis AS, c’est au corps médical de voir ça », alerte le Pr Arnaud Fauconnier. Il ne faut pas avoir peur de parler à l’équipe, de témoigner de ce que vous avez vécu lors des gestes du matin, par exemple :  » La patiente n’a pas voulu se lever « , etc. » Ces dernières concourent également à la réhabilitation précoce qui suit la chirurgie ambulatoire. « Lever les gens, les inciter à marcher le soir même de l’opération, ça évite des complications », assurance le gynécologue.

« Un lien se noue »

« Les aides-soignantes sont en première ligne face au désespoir, à l’angoisse et à la peur que génèrent la maladie et la souffrance », insiste Leila Benhaouri. C’est d’autant plus vrai pour les patientes atteintes de cancer. Parce que le stress et l’inquiétude majorent la douleur, notamment lors des soins, « il faut informer, écouter, rassurer », martèle le Pr Fauconnier. « L’infirmière est davantage dans le geste technique. Vous êtes celles qui êtes le plus à l’écoute, estime Françoise Guénard, de « Vivre comme avant », association intervenant à l’hôpital auprès des patientes atteintes d’un cancer du sein. Vous passez plusieurs fois dans la chambre, il y a un petit lien qui se noue. » Pour cette ancienne patiente, l’aide-soignante est là « aux moments-clé de la journée », notamment le soir, quand les visiteurs s’en vont. « Les larmes sont aussi bénéfiques que l’aspirine. Et c’est vous qui les recevez. »

Aveline Marques